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Les Églises Demeurent Fermes au Myanmar alors que le Conflit s’Intensifie et que les Communautés Souffrent

Les communautés chrétiennes du Myanmar continuent de servir et d’adorer malgré le conflit qui s’intensifie, apportant leur soutien aux familles déplacées alors que les hôpitaux, les écoles et les foyers sont confrontés à la violence et à l’insécurité.

Lorsque la nuit tombe dans certaines régions du Myanmar, le silence remplace souvent les chants. Les portes des églises restent fermées, non pas par choix, mais par nécessité. Pourtant, la foi continue de rassembler les gens – parfois dans des maisons, parfois dans des forêts, parfois dans des prières silencieuses prononcées sans musique ni lumières.

Au milieu du conflit incessant qui sévit au Myanmar, les communautés chrétiennes continuent de se rassembler, de servir et de prendre soin de leurs voisins, même si les maisons, les hôpitaux et les écoles sont victimes de la violence. Ce long conflit, qui a débuté après le coup d’État militaire qui a renversé le gouvernement élu en 2021, a transformé la vie quotidienne de millions de personnes à travers le pays.

Le Myanmar, nation d’Asie du Sud-Est abritant de nombreux groupes ethniques et religions, a vu son peuple faire face à de profondes difficultés. Les efforts de l’armée pour reprendre le contrôle face à diverses forces d’opposition armée ont entraîné des combats intenses dans les villes et les zones rurales. Les frappes aériennes récentes ont touché des infrastructures civiles, y compris des hôpitaux, tuant et blessant de nombreuses personnes innocentes et suscitant des condamnations d’organisations internationales.

Les communautés restent profondément touchées par ces combats. Certaines parties de l’État de Rakhine, où vivent de nombreuses minorités ethniques, ont été le théâtre de combats répétés qui ont déplacé des dizaines de milliers de civils. Les besoins humanitaires sont immenses : l’insécurité alimentaire s’aggrave et des millions de personnes sont confrontées à la faim et au déplacement, alors que les services s’effondrent et que l’aide peine à atteindre tous les coins du pays.

Des années de conflit ont bouleversé la vie quotidienne des communautés chrétiennes à travers le pays. Des églises ont été occupées, endommagées ou détruites. Les horaires des offices changent d’une semaine à l’autre. Les pasteurs voyagent avec prudence, munis de leurs papiers d’identité et de lettres de recommandation, conscients qu’un contrôle routier ou une simple question pourrait tout changer.

Pourtant, les croyants continuent de se réunir.

Dans les régions où le culte public n’est pas possible, de petits groupes se rassemblent dans des maisons ou des abris temporaires. Lorsque les déplacements sont dangereux, la prière remplace les offices complets. Dans certaines régions, les familles se réunissent dans la jungle ou à flanc de colline, où les communautés déplacées ont trouvé refuge. Ceux qui ont atteint des zones plus sûres continuent de soutenir les autres, en envoyant des offrandes et de l’aide chaque fois que cela est possible.

Les pasteurs restent présents auprès de leurs fidèles, même lorsque cela les expose à des risques. Certains ont été arrêtés, interrogés ou battus. D’autres ont été contraints de quitter leur village après que leurs églises aient été endommagées ou détruites. Un pasteur a raconté avoir célébré les funérailles d’un jeune membre qui avait été abattu et brûlé. Les semaines qui ont suivi ont été marquées par la pression et la surveillance.

Les déplacements sont limités par des barrages routiers, des points de contrôle et des infrastructures endommagées. Les communications sont instables, l’accès au téléphone et à Internet étant fréquemment restreint. Les dirigeants s’appuient sur une planification minutieuse et une coordination discrète pour rendre visite aux membres, acheminer l’aide ou organiser le culte. Dans certains cas, les responsables religieux et communautaires servent de médiateurs auprès des autorités pour obtenir la libération de civils détenus, souvent au prix de sacrifices personnels.

Malgré ces contraintes, les églises continuent de servir leurs communautés. Les congrégations locales et les partenaires humanitaires fournissent de la nourriture, de l’eau, des abris et des soins médicaux de base. Les familles déplacées trouvent refuge dans les églises, les écoles et les salles communautaires. Des bénévoles soutiennent les enfants en leur dispensant une éducation informelle et aident les jeunes à acquérir des compétences pour trouver du travail. Les écoles privées et celles gérées par les églises proposent des frais de scolarité réduits ou gratuits pour les enfants touchés par le conflit.

Parmi ces efforts, des histoires individuelles se démarquent.

À Tamu, un couple déplacé a commencé des cours informels pour enfants après la fermeture des écoles publiques. Aujourd’hui, environ une centaine d’élèves assistent aux cours, trouvant une stabilité grâce à l’apprentissage. À Kalemyo, un leader communautaire sert de médiateur pour les familles en détention, passant de longues journées à négocier leur libération. Dans les collines de l’État de Karen, un croyant déplacé vit désormais parmi les réfugiés, leur offrant des enseignements bibliques et des encouragements tout en aidant ses voisins à se remettre de la peur et de la perte.

La foi reste au cœur de la résilience. La prière, les Écritures et le soutien mutuel rythment le quotidien. Les croyants affirment compter sur Dieu pour trouver force et protection, même si l’incertitude persiste. Les églises prônent la paix et la réconciliation, servant de ponts au sein de communautés divisées.

Pour l’avenir, beaucoup craignent que les mois à venir n’apportent encore plus d’instabilité. Les discussions sur les élections suscitent des inquiétudes concernant les troubles et une recrudescence de la violence. Bien que des dialogues soient signalés, les attentes restent prudentes.

Pourtant, l’espoir persiste.

Au milieu des déplacements et des restrictions, l’église au Myanmar continue de se rassembler, de servir et de prier. Son témoignage n’est pas défini par des bâtiments ou des programmes, mais par des personnes qui choisissent de rester présentes les unes avec les autres, confiantes que la lumière ne sera pas éteinte par les ténèbres.

Auteur L. S. et Eunice Ron Mateo
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