{"id":1540,"date":"2013-03-06T11:59:17","date_gmt":"2013-03-06T09:59:17","guid":{"rendered":"http:\/\/awf.sitehosting.nl\/?page_id=1540"},"modified":"2013-06-27T09:05:46","modified_gmt":"2013-06-27T08:05:46","slug":"le-sacerdoce-de-tous-les-croyants","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/awf.world\/fr\/ressources\/articles\/le-sacerdoce-de-tous-les-croyants\/","title":{"rendered":"Le sacerdoce de tous les croyants"},"content":{"rendered":"<h3>\n\t&nbsp;<br \/>\n<\/h3>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Sur l&rsquo;auteur<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLe Dr. Quir est pasteur responsable de l&rsquo;Eglise Evang&eacute;lique de l&rsquo;Alliance &agrave; Davao City, depuis 2003. Il &eacute;tait ordonn&eacute; comme pasteur par les Eglises de l&rsquo;Alliance Chr&eacute;tienne aux Philippines (CAMACOP, Inc.). Les seize ans de sa grande exp&eacute;rience dans le minist&egrave;re incluent l&rsquo;enseignement, le pastorat, et la formation de dirigeants. Son exp&eacute;rience dans la mission &agrave; court terme &eacute;tait gagn&eacute;e en Malaisie, au Brunei et en Tha&iuml;lande. En 2003, il a fait un doctorat en th&eacute;ologie (Th. D.) avec sp&eacute;cialisation en th&eacute;ologie syst&eacute;matique. Il est mari&eacute; avec Rosalinda, et ils ont deux enfants.\n<\/p>\n<h2>\n\t&nbsp;<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\tUne th&eacute;ologie du 21e si&egrave;cle pour un minist&egrave;re qui transforme, bas&eacute;e sur le sacerdoce biblique de tous les croyants. Le minist&egrave;re chr&eacute;tien a, dans tous les domaines, besoin d&rsquo;une saine base th&eacute;ologique. C&rsquo;est pourquoi, comme pasteur responsable de l&rsquo;Eglise de l&rsquo;Alliance &agrave; Davao City, j&rsquo;essaie de faire une synth&egrave;se [des opinions th&eacute;ologiques actuelles] et de formuler une th&eacute;ologie du minist&egrave;re du 21e si&egrave;cle, qui pourra servir de guide dans l&rsquo;accomplissement de la mission de l&rsquo;Eglise. Le caract&egrave;re absolu de la v&eacute;rit&eacute; biblique exige une formulation qui correspond au contexte de la communaut&eacute; des croyants. Une th&eacute;ologie saine d&eacute;terminera alors la pratique du minist&egrave;re capable de produire des transformations. La th&eacute;ologie du minist&egrave;re du 21e si&egrave;cle trouve son origine dans la th&eacute;ologie biblique du sacerdoce de tous les croyants. La Bible, l&rsquo;Ancien comme le Nouveau Testament, permet de d&eacute;couvrir l&rsquo;identit&eacute; et les fonctions historiques du peuple &eacute;lu de Dieu. Au fond, l&rsquo;identit&eacute; et les fonctions minist&eacute;rielles du peuple de Dieu se situent dans le sacerdoce des croyants.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tLa base de la th&eacute;ologie du minist&egrave;re dans l&rsquo;Ancien Testament\n<\/p>\n<p>\n\tExode 19 :5-6 dit : &laquo; Maintenant, si vous &eacute;coutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m&rsquo;appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est &agrave; moi ; vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. Voil&agrave; les paroles que tu diras aux enfants d&rsquo;Isra&euml;l. &raquo; Ici, Dieu fait une alliance avec tout le peuple d&rsquo;Isra&euml;l. Selon ce texte, il semble que le peuple devient &laquo; la possession de Dieu &raquo;, choisi pour Le servir.\n<\/p>\n<p>\n\tLa nature du service &eacute;tait li&eacute;e au fait que &laquo; toute la terre &raquo; est au Seigneur. Alors, dans l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des royaumes et des nations du monde, Isra&euml;l, du milieu de tous les peuples, &eacute;tait appel&eacute; &agrave; servir comme &laquo; royaume de sacrificateurs &raquo; et comme &laquo; nation sainte &raquo;. Dieu a institu&eacute; le sacerdoce d&rsquo;Isra&euml;l comme une unit&eacute; choisie pour servir le monde. Voil&agrave;, la vocation du &laquo; peuple de Dieu &raquo;, dont chaque membre est appel&eacute; par Dieu et responsable de sa r&eacute;ponse envers Lui.\n<\/p>\n<p>\n\tUn autre passage important de l&rsquo;Ancien Testament, qui supporte l&rsquo;id&eacute;e du sacerdoce de tout le peuple de Dieu, est Esa&iuml;e 61:5-6. Il dit :\n<\/p>\n<p style=\"margin-left: 35.4pt;\">\n\tDes &eacute;trangers seront l&agrave; et feront pa&icirc;tre vos troupeaux, des fils de l&rsquo;&eacute;tranger seront vos laboureurs et vos vignerons. Mais vous, on vous appellera sacrificateurs de l&rsquo;Eternel, on vous nommera serviteurs de notre Dieu ; vous mangerez les richesses des nations, et vous vous glorifierez de leur gloire.\n<\/p>\n<p>\n\tIci, le peuple de Dieu tout entier, tous les Isra&eacute;lites, sont appel&eacute;s &agrave; &ecirc;tres pr&ecirc;tres de Dieu. Comme nation, Isra&euml;l est enr&ocirc;l&eacute; pour &ecirc;tre un royaume de pr&ecirc;tres, c&#39;est-&agrave;-dire, pour servir Dieu.\n<\/p>\n<p>\n\tCependant, au temps de la monarchie, il se produit un changement dans le concept du sacerdoce de l&rsquo;Ancien Testament, menant &agrave; une distinction nette entre la classe des pr&ecirc;tres et le peuple. Dans ce contexte, le roi est le premier responsable et, sous sa direction, les pr&ecirc;tres deviennent responsables des affaires religieuses.\n<\/p>\n<p>\n\tCette &eacute;poque voit na&icirc;tre les pratiques rituelles et l&rsquo;organisation du culte qui &eacute;taient propag&eacute;es, &agrave; partir du temple jusqu&rsquo;aux autres lieux de culte. Par cons&eacute;quent, le chef de famille perd son ancien droit d&rsquo;offrir des sacrifices. Mais les passages cit&eacute;s plus haut indiquent que la premi&egrave;re intention de Dieu &eacute;tait que le peuple tout entier soit un royaume de pr&ecirc;tres (Exode 19 :5-6 ; Esa&iuml;e 61 :6). Dieu avait institu&eacute; le sacerdoce l&eacute;vitique pour repr&eacute;senter tout le peuple, quant &agrave; l&rsquo;honneur, aux privil&egrave;ges, et aux responsabilit&eacute;s.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tLa base de la th&eacute;ologie du minist&egrave;re dans le Nouveau Testament\n<\/p>\n<p>\n\tComme un &eacute;cho des passages de l&rsquo;Ancien Testament cit&eacute;s plus haut, 1 Pierre 2:9 dit : &laquo; Vous, au contraire, vous &ecirc;tes une race &eacute;lue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appel&eacute;s des t&eacute;n&egrave;bres &agrave; son admirable lumi&egrave;re &raquo;. Le peuple de Dieu, comme dit le texte, est un &laquo; sacerdoce royal &raquo;, sans distinction claire entre dirigeants et membres de la communaut&eacute;. En outre, le texte parle d&rsquo;un corps unifi&eacute; de gens qui croient en Christ.\n<\/p>\n<p>\n\tLes versets 4 et 5 de 1 Pierre donnent l&rsquo;arri&egrave;re-plan de l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un sacerdoce universel. Evidemment, le texte parle d&rsquo;une communaut&eacute; spirituelle qui constitue le nouveau peuple d&rsquo;Isra&euml;l, le seul vrai sacerdoce. Le texte ci-dessus parle clairement du Christ ressuscit&eacute; qui est cette &laquo; pierre vivante &raquo;. Christ b&acirc;tit autour de lui une &laquo; maison spirituelle &raquo; compos&eacute;e de ceux qui exercent la foi comme des &laquo; pierres vivantes &raquo;, qui deviennent le nouveau &laquo; sacerdoce &raquo;. [13] Paul exprimant une id&eacute;e semblable, parle du corps de Christ comme du &laquo; temple de Dieu &raquo; o&ugrave; l&rsquo;Esprit de Dieu habite (1 Co. 3 :16). [14] Selon Paul, l&rsquo;habitation de Dieu sur la terre n&rsquo;est plus con&ccedil;ue comme un b&acirc;timent sacr&eacute; et s&eacute;par&eacute; du monde, mais comme un peuple, le &laquo; laos &raquo;, l&rsquo;ensemble des croyants. [15] En effet, le Nouveau Testament ne conna&icirc;t pas de classe de pr&ecirc;tres en contraste avec les la&iuml;cs. Dieu donne &agrave; son peuple, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; tous les croyants, l&rsquo;ordre d&rsquo;offrir des sacrifices spirituels, individuellement et collectivement. [16]\n<\/p>\n<p>\n\tLes croyants du Nouveau Testament sont les successeurs au sacerdoce de l&rsquo;ancien Isra&euml;l, ayant re&ccedil;u le droit d&rsquo;acc&egrave;s imm&eacute;diat &agrave; Dieu, par J&eacute;sus-Christ. [17] Le sacerdoce l&eacute;vitique a donc trouv&eacute; son accomplissement dans les croyants du Nouveau Testament, par Christ. En outre, le minist&egrave;re de l&rsquo;Eglise a remplac&eacute; l&rsquo;ancien sacerdoce. [18] Donc, dans le Nouveau Testament, tous les croyants en Christ sont pr&ecirc;tres (Ro. 12:1 ; Ph. 2:17 ; 4:18 ; H&eacute;. 13:15, 16 ; Ap. 1:5).\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tConceptions th&eacute;ologiques des termes &laquo; clerg&eacute; &raquo; et &laquo; la&iuml;cs &raquo;\n<\/p>\n<p>\n\tLes termes &laquo; laos &raquo; et &laquo; kleros &raquo; sont importants pour l&rsquo;&eacute;tude du sacerdoce des croyants. Etymologiquement, le mot grec &laquo; laos &raquo; signifie &laquo; un peuple comme possession &raquo;, c&rsquo;est &agrave; dire, par rapport &agrave; Dieu. [19] Le terme n&rsquo;indique pas des gens &laquo; communs &raquo;, sans formation, mais il s&rsquo;applique sp&eacute;cialement &agrave; tout le peuple de Dieu (Ac. 15:14 ; Ro. 9:25 ; 1 Pi. 2:9). De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, le mot grec &laquo; laikos &raquo;, signifiant &laquo; les la&iuml;cs &raquo; n&rsquo;appara&icirc;t pas dans la Bible. [20]\n<\/p>\n<p>\n\tDans le Nouveau Testament, il y a un seul peuple appel&eacute; au minist&egrave;re, dont les dirigeants sont eux aussi membres du &laquo; laos &raquo;. [21] Les dirigeants se distinguent par leur attitude de serviteur. L&rsquo;exercice des dons spirituels pr&eacute;pare le peuple de Dieu au minist&egrave;re (Ep. 4 :11-12). [22] Evidemment, les titres d&rsquo;honneur traditionnels attribu&eacute;s &agrave; Isra&euml;l, dans l&rsquo;Ancien Testament, comme &laquo;laos, le peuple de Dieu &raquo;, s&rsquo;appliquent alors, sans restriction et sans distinction, &agrave; la communaut&eacute; des croyants du Nouveau Testament. [23] Le transfert d&rsquo;un tel titre d&rsquo;Isra&euml;l aux croyants du Nouveau Testament est l&rsquo;accomplissement de la proph&eacute;tie de l&rsquo;Ancien Testament. [24] Tout le syst&egrave;me sacerdotal de l&rsquo;Ancien Testament servait de type. C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;ombre du corps de Christ dans le Nouveau Testament. Les pr&ecirc;tres de l&rsquo;Ancien Testament pr&eacute;figuraient tous le grand Pr&ecirc;tre qui a offert &laquo; un seul sacrifice pour les p&eacute;ch&eacute;s de tous &raquo; (H&eacute;. 10:10-12). Par cons&eacute;quent, le syst&egrave;me sacerdotal de l&rsquo;Ancien Testament n&rsquo;existe plus. Le terme &laquo; pr&ecirc;tre &raquo; s&rsquo;applique maintenant &agrave; tous les croyants, mais le concept de pr&ecirc;tre n&rsquo;implique aucune fonction sacerdotale. [25]\n<\/p>\n<p>\n\tLe mot &laquo; clerg&eacute; &raquo;, d&eacute;riv&eacute; du grec &laquo; kleros &raquo; et signifiant &laquo; lot &raquo;, &laquo; portion &raquo;, ou &laquo; h&eacute;ritage &raquo;, a besoin de notre attention. En 1 Pierre 5:3, le terme au pluriel signifie la communaut&eacute; assign&eacute;e &agrave; chaque presbytre. [26] Cela indique que le terme parle d&rsquo;une fonction, et non d&rsquo;un rang ou d&rsquo;une position hi&eacute;rarchique. Le soi-disant &laquo; clerg&eacute; &raquo; recevait une &laquo; portion &raquo; sp&eacute;ciale du travail appartenant &agrave; tout le peuple de Dieu. [27] Le terme &laquo; clerg&eacute; &raquo; n&rsquo;indique donc pas une position sp&eacute;ciale dans le corps de Christ.\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;emploi n&eacute;otestamentaire du mot &laquo; hiereus &raquo; se rapporte &agrave; la fonction de &laquo; pr&ecirc;tre &raquo; dans l&rsquo;Ancien Testament (par exemple, H&eacute;. 10:11). Il indique une personne consacr&eacute;e, mise &agrave; part pour le service de Dieu. Dans le Nouveau Testament, le terme &laquo; presbyteros &raquo; se rapporte &agrave; la fonction d&rsquo;&laquo; ancien &raquo;, &agrave; qui la direction est confi&eacute;e (par exemple, 1 Pi. 5:1). [28] A cet &eacute;gard, l&rsquo;Eglise base la fonction chr&eacute;tienne de &laquo; pr&ecirc;tre &raquo;, non sur le sacerdoce du temple (hierateia) de l&rsquo;Ancien Testament, mais sur la fonction des presbytres (presbyterion) du Nouveau Testament. Pierre s&rsquo;appelle en effet &laquo; ancien, comme les autres &raquo;, et non pr&ecirc;tre. [29] Le mot &laquo; kleros &raquo; ne d&eacute;signe pas un groupe particulier, une &eacute;lite dans l&rsquo;Eglise. Tous les croyants font partie du sacerdoce. [30] Au sens strict, le soi-disant &laquo; clerg&eacute; &raquo; fait partie du &laquo; laos &raquo; qui est au service de la communaut&eacute; des croyants m&ecirc;me. [31] Le Nouveau Testament maintient l&rsquo;autorit&eacute; stricte des dirigeants, mais il n&rsquo;y a pas de distinction de classe entre dirigeants et la&iuml;cs. La diff&eacute;rence se trouve dans les fonctions minist&eacute;rielles.\n<\/p>\n<p>\n\tPar exemple, ap&ocirc;tre, proph&egrave;te, &eacute;vang&eacute;liste, enseignant, etc. (Ro. 12 ; 1 Co. 12 ; Ep. 4). [32] N&eacute;anmoins, la position de sacerdoce de tous les croyants, comme individus et comme communaut&eacute;, demeure.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tLe &laquo; sacerdoce de tous les croyants &raquo; pendant l&rsquo;&eacute;poque de la R&eacute;forme\n<\/p>\n<p>\n\tAu temps de la R&eacute;forme, le concept du sacerdoce de tous les croyants &eacute;tait un sujet controvers&eacute; dans l&rsquo;Eglise institutionnelle. L&rsquo;&eacute;poque de la R&eacute;forme fournit un cadre pour l&rsquo;&eacute;tude du concept du sacerdoce de tous les croyants. Dans les prochaines pages, il suivra une explication de la mani&egrave;re dont Martin Luther et Jean Calvin ont formul&eacute; la doctrine du sacerdoce de tous les croyants.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tCirconstances historiques menant au d&eacute;clenchement de la R&eacute;forme\n<\/p>\n<p>\n\tLes d&eacute;bats th&eacute;ologiques sur la position et le r&ocirc;le des la&iuml;cs ont certainement contribu&eacute; au d&eacute;clenchement de la R&eacute;forme. [33] A travers les si&egrave;cles, la hi&eacute;rarchie Catholique Romaine et d&rsquo;autres courants religieux faisaient une distinction nette entre le clerg&eacute; et les la&iuml;cs. Une telle distinction est inconnue dans l&rsquo;Eglise primitive, [34] o&ugrave; l&rsquo;origine de toute autorit&eacute; du minist&egrave;re se trouve dans le Seigneur ressuscit&eacute;. Les croyants partagent le m&ecirc;me minist&egrave;re et en d&eacute;pendent. [35] D&eacute;j&agrave; au premier si&egrave;cle (95 A.D.), Cl&eacute;ment de Rome est mentionn&eacute; dans des documents historiques comme le premier &agrave; &eacute;tablir une nette distinction entre le clerg&eacute; et les la&iuml;cs. {36] Cette distinction a contribu&eacute; de mani&egrave;re d&eacute;cisive &agrave; la cr&eacute;ation d&rsquo;une hi&eacute;rarchie structurelle du clerg&eacute;. [37] Un autre fait qui a renforc&eacute; cette hi&eacute;rarchie structurelle est le sacrement de l&rsquo;ordination. L&rsquo;imposition du sacrement de l&rsquo;ordination par l&rsquo;Eglise de Rome aboutit &agrave; une nette s&eacute;paration entre le clerg&eacute; et les la&iuml;cs et &agrave; la domination &eacute;vidente du clerg&eacute; sur les la&iuml;cs. [38].\n<\/p>\n<p>\n\tAu d&eacute;but de la R&eacute;forme, l&rsquo;Eglise institutionnelle voulait donc d&eacute;j&agrave; deux grands camps distingu&eacute;s dans la communaut&eacute; des croyants : le clerg&eacute; et les la&iuml;cs. L&rsquo;histoire montre que l&rsquo;autorit&eacute; dans le minist&egrave;re et la direction appartiennent au clerg&eacute;. [39] En principe comme en pratique, la position des la&iuml;cs les soumet non seulement aux pr&ecirc;tres, mais elle agrandit l&rsquo;&eacute;cart entre le clerg&eacute; et les la&iuml;cs. Cet &eacute;cart se traduit par les mots &laquo; sacr&eacute; &raquo; et &laquo; profane &raquo;. [40]\n<\/p>\n<p>\n\tRichard Norton tient qu&rsquo;au c&oelig;ur du contexte historique de la R&eacute;forme se trouvait le clerg&eacute;. Il explique que sans le clerg&eacute; officiellement ordonn&eacute;, il n&rsquo;y aurait pas eu d&rsquo;Eglise. [41] L&rsquo;Eglise existait gr&acirc;ce aux eccl&eacute;siastiques hi&eacute;rarchis&eacute;s, malgr&eacute; leur immoralit&eacute;, leur corruption et leur pauvret&eacute; spirituelle. [42] Au d&eacute;but de la R&eacute;forme, l&rsquo;Eglise existait donc, m&ecirc;me sans la participation des la&iuml;cs. Par cons&eacute;quent, la R&eacute;forme &eacute;tait une r&eacute;action &agrave; ces conditions de l&rsquo;Eglise institutionnelle. [43]\n<\/p>\n<p>\n\tDans ce contexte historique, deux personnes qui d&eacute;fendaient l&rsquo;enseignement biblique sur le sacerdoce de tous les croyants ont pris de l&rsquo;importance, &agrave; savoir, Martin Luther et Jean Calvin.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tMartin Luther sur le sacerdoce de tous les croyants\n<\/p>\n<p>\n\tLa formulation du concept par Luther\n<\/p>\n<p>\n\tPendant la R&eacute;forme, et m&ecirc;me avant, par les efforts r&eacute;formateurs dans les mouvements conciliatoires, Martin Luther sonnait une cloche qui suscitait de nouveaux r&eacute;veils religieux. Kreamer affirme qu&rsquo;il s&rsquo;agissait l&agrave; surtout d&rsquo;un mouvement de la&iuml;cs. [44] Luther se s&eacute;parait th&eacute;ologiquement de l&rsquo;Eglise institutionnelle par l&rsquo;opinion que chaque membre baptis&eacute; a le droit de se regarder comme pr&ecirc;tre ordonn&eacute;. Ce principe exprime le concept du sacerdoce de tous les croyants. [45] A c&ocirc;t&eacute; de la th&eacute;ologie de Luther de &laquo; sola gratia, sola scriptura, et sola fides &raquo;, le sacerdoce de tous les croyants &eacute;tait pr&ecirc;ch&eacute; comme le grand principe officiel de la R&eacute;forme. [46]\n<\/p>\n<p>\n\tJohn Owen remarque que Luther avait d&eacute;couvert le concept du sacerdoce de tous les croyants, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; convaincu que par et en J&eacute;sus-Christ le croyant poss&egrave;de la justice de Dieu. [47] James Atkinson souligne aussi que pour Luther les croyants ont droit &agrave; un acc&egrave;s imm&eacute;diat aupr&egrave;s de Dieu, sans la m&eacute;diation d&rsquo;un arrogant cl&eacute;rg&eacute; catholique. [48]\n<\/p>\n<p>\n\tDonc, tous les croyants qui sont rev&ecirc;tus de la justice parfaite de Dieu sont les bienvenus dans la pr&eacute;sence de Dieu. [49]\n<\/p>\n<p>\n\tLuther maintenait que la position de sacerdoce de tous ceux qui croient en Christ est essentiellement li&eacute;e &agrave; l&rsquo;enseignement biblique sur la gr&acirc;ce et le salut pour tous, &agrave; travers la foi. [50] Luther soulignait que les croyants ont tous un m&ecirc;me bapt&ecirc;me, un &eacute;vangile, une foi, et ils sont tous chr&eacute;tiens. Le bapt&ecirc;me, l&rsquo;&eacute;vangile et la foi, cela seul produit des chr&eacute;tiens spirituels. [51] Evidemment pour Luther, c&rsquo;est la foi qui rend les hommes pr&ecirc;tres et c&rsquo;est la foi qui les unit &agrave; Christ. De m&ecirc;me, c&rsquo;est la foi qui fait des croyants une habitation du Saint-Esprit, qui les remplit de gr&acirc;ce et de puissance divine. [52] Par cons&eacute;quent, l&rsquo;accent que Luther pla&ccedil;ait sur la foi, attaque les bases du sacerdoce catholique. [53] Luther renfor&ccedil;ait sa position th&eacute;ologique en affirmant que les &oelig;uvres des pr&ecirc;tres et des membres des ordres religieux ne sont nullement plus saintes aux yeux de Dieu, que les &oelig;uvres d&rsquo;un paysan dans son champ, ou celles d&rsquo;une femme de m&eacute;nage. [54] Il est &eacute;vident que, pour Luther, la vocation d&rsquo;un croyant, quelle qu&rsquo;elle soit, est aux yeux de Dieu aussi sainte que la vocation d&rsquo;un pr&ecirc;tre catholique.\n<\/p>\n<p>\n\tLa hi&eacute;rarchie sacerdotale catholique refusait aux la&iuml;cs leurs pleins droits et leur responsabilit&eacute; de fonctionner comme les rachet&eacute;s de Dieu. [55] Sur la base de son ordination, le pr&ecirc;tre catholique assume lui seul le privil&egrave;ge de m&eacute;diation entre le croyant et Dieu et se regarde comme le seul dispensateur de la gr&acirc;ce de Dieu. [56]\n<\/p>\n<p>\n\tAu contraire, Luther affirmait qu<em>&rsquo;<\/em>une telle ordination &eacute;tait l&rsquo;invention de l&rsquo;Eglise de Rome. Selon lui, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;il fallait rejeter le rite de l&rsquo;ordination, pratiqu&eacute; depuis des si&egrave;cles, mais Luther croyait que l&rsquo;ordination &eacute;tait simplement une c&eacute;r&eacute;monie pour choisir des pr&eacute;dicateurs dans l&rsquo;Eglise. [57] Luther soulignait pourtant, que tous les chr&eacute;tiens sont pr&ecirc;tres. Latourette ajoute &agrave; l&rsquo;affirmation de Luther, que ce que l&rsquo;Eglise appelle le sacerdoce n&rsquo;est qu&rsquo;un minist&egrave;re confi&eacute; &agrave; ceux qui l&rsquo;exercent. De plus, l&rsquo;exercice d&rsquo;un tel minist&egrave;re exige l&rsquo;accord de l&rsquo;assembl&eacute;e de croyants. [58]\n<\/p>\n<p>\n\tDe m&ecirc;me, le principe de Luther de la &laquo; justification du p&eacute;cheur par la foi &raquo;, appelant le saint un p&eacute;cheur et le p&eacute;cheur un saint, contredit essentiellement le principe du sacerdoce hi&eacute;rarchique. [59]\n<\/p>\n<p>\n\tAu fond, le principe de la justification par la foi d&eacute;truisait en th&eacute;orie le pouvoir du pr&ecirc;tre. Dans le domaine de la religion, le &laquo; sola fides &raquo; de Luther &eacute;tait pris comme base de la doctrine du sacerdoce de tous les croyants, et dans le domaine sociopolitique, comme base du principe d&eacute;mocratique de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; de tous les citoyens. [60]\n<\/p>\n<p>\n\tUne des erreurs particuli&egrave;res combattues par Luther &eacute;tait l&rsquo;id&eacute;e, que l&rsquo;homme puisse obtenir la gr&acirc;ce et le salut de Dieu en servant Dieu par de bonnes &oelig;uvres. Par cons&eacute;quent, dans l&rsquo;Eglise institutionnelle, l&rsquo;importance de la foi &eacute;tait diminu&eacute;e, au point que les gens pr&eacute;f&eacute;raient doter des &eacute;glises ou devenir pr&ecirc;tre, moine ou s&oelig;ur religieuse, au lieu de simplement croire &agrave; l&rsquo;Evangile. [61]\n<\/p>\n<p>\n\tWilhelm Pauck tient que Luther a formul&eacute; le concept du sacerdoce de tous les croyants, fermement convaincu que chaque croyant est pr&ecirc;tre, et que tous les chr&eacute;tiens sont ministres et pr&ecirc;tres, gr&acirc;ce &agrave; leur foi dans la Parole de Dieu. Ce concept contredit l&rsquo;accent sur les bonnes &oelig;uvres, en vue d&rsquo;obtenir le pardon et le salut. Aussi &eacute;tait-ce une attaque directe contre la distinction entre pr&ecirc;tres et la&iuml;cs. [62]\n<\/p>\n<p>\n\tSelon Luther, le concept du sacerdoce signifie que chaque croyant poss&egrave;de le pouvoir de pardonner des p&eacute;ch&eacute;s, d&rsquo;administrer des sacrements et de faire tout ce qu&rsquo;un pr&ecirc;tre peut faire. Pour Luther, cela veut dire que le croyant poss&egrave;de tous les pouvoirs spirituels qui, dans l&rsquo;Eglise Catholique, appartenaient seulement au pape, aux &eacute;v&ecirc;ques, aux pr&ecirc;tres et aux moines. [63]\n<\/p>\n<p>\n\tGordon Rupp traduit en anglais le r&eacute;sum&eacute; de l&rsquo;Allemand Brunotte de la formulation de Luther du concept du &laquo; sacerdoce de tous les croyants &raquo;. Rupp &eacute;crit :\n<\/p>\n<ol>\n<li>\n<p>\n\t\t\tDevant Dieu, tous les chr&eacute;tiens ont la m&ecirc;me position, un sacerdoce dans lequel nous entrons par le bapt&ecirc;me.\n\t\t<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>\n\t\t\tEn tant que fr&egrave;re de Christ, chaque chr&eacute;tien est pr&ecirc;tre et n&rsquo;a pas besoin de m&eacute;diateur, sauf Christ. Il a libre acc&egrave;s &agrave; la Parole de Dieu.\n\t\t<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>\n\t\t\tChaque chr&eacute;tien est pr&ecirc;tre avec la fonction de sacrifier, non dans une messe, mais en se consacrant soi-m&ecirc;me &agrave; la louange, &agrave; l&rsquo;ob&eacute;issance &agrave; Dieu, et &agrave; porter la croix.\n\t\t<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>\n\t\t\tChaque chr&eacute;tien est responsable de partager avec d&rsquo;autres l&rsquo;Evangile qu&rsquo;il a re&ccedil;u lui-m&ecirc;me. [64]\n\t\t<\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n\tSelon le r&eacute;sum&eacute; ci-dessus, Luther pensait que le sacerdoce spirituel est &eacute;videmment une position et une vocation de chaque croyant en Christ. [65]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tCe r&eacute;sum&eacute; souligne encore la th&eacute;ologie de Luther, affirmant que chaque croyant en Christ est pr&ecirc;tre par position. [66] Cyril Eastwood remarque : &laquo;A moins de regarder notre sacerdoce comme une position et comme une vocation, sa signification est perdue. &raquo; [67] Cependant pour Luther, le &laquo; sacerdoce de tous les croyants &raquo; ne voulait pas dire : &laquo; Je suis mon propre pr&ecirc;tre &raquo;. [68] Luther soulignait plut&ocirc;t que dans la communaut&eacute; des saints, Dieu a voulu que les croyants soient tous pr&ecirc;tres les uns pour les autres. Tous les croyants se trouvent devant la face de Dieu et interc&egrave;dent les uns pour les autres, proclament la Parole de Dieu l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre, et c&eacute;l&egrave;brent la pr&eacute;sence de Dieu parmi les croyants, par l&rsquo;adoration, la louange, et la communion. [69]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tLa conception du sacerdoce de Luther souligne que le minist&egrave;re de pr&ecirc;tre ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas au croyant lui-m&ecirc;me. La position de pr&ecirc;tre pousse les croyants &agrave; aller dans le monde pour servir, t&eacute;moigner, et manifester &laquo; les vertus de celui qui nous a appel&eacute;s des t&eacute;n&egrave;bres &agrave; son admirable lumi&egrave;re &raquo; (1 Pi. 2 :9). [70]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tJean Calvin sur le sacerdoce de tous les croyants\n<\/p>\n<p>\n\tJean Calvin a rarement employ&eacute; le terme exact de &laquo; sacerdoce de tous les croyants &raquo;, mais dans sa th&eacute;ologie du minist&egrave;re, on peut reconna&icirc;tre le m&ecirc;me accent, dans l&rsquo;id&eacute;e de la vocation et de la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;offrir des sacrifices spirituels. [71] Il est pourtant &eacute;vident que, pour Calvin, le sacerdoce du croyant est un privil&egrave;ge qui d&eacute;coule directement de la mort de Christ. [72] Il croyait que, par la mort de Christ, les croyants sont justifi&eacute;s et dignes de vocation au minist&egrave;re du sacerdoce. [73]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tDans son Institution Chr&eacute;tienne, Calvin affirme que Christ exerce actuellement la fonction de pr&ecirc;tre. [74] Par le fait &eacute;ternel de la r&eacute;conciliation, J&eacute;sus-Christ rend le P&egrave;re favorable aux croyants et admet les croyants dans l&rsquo;alliance honorable du sacerdoce. [75] Calvin affirme que les croyants, bien que corrompus en eux-m&ecirc;mes, mais &eacute;tant pr&ecirc;tres en Christ (Ap. 1 :6), s&rsquo;offrent eux-m&ecirc;mes &agrave; Dieu et entrent librement dans le sanctuaire c&eacute;leste. En Christ, les sacrifices d&rsquo;intercession et de louange sont acceptables devant Dieu. [76] Pour Calvin, tous les chr&eacute;tiens sont appel&eacute;s &laquo; un sacerdoce royal &raquo;, parce que, &agrave; travers Christ, les croyants offrent ce sacrifice de louange. Calvin ajoute que, &agrave; travers Christ, les croyants participent &agrave; la fonction de sacrificateur. Il se base sur les versets de 1 Pierre 2:9 et d&rsquo;H&eacute;breux 13:15, qui parlent du fruit des l&egrave;vres qui confessent son nom. [77] Par cette affirmation, Calvin rejette la possibilit&eacute; d&rsquo;un sacrifice expiatoire qui serait offert par un sacerdoce quelconque, inclus celui de l&rsquo;Eglise &eacute;tablie. [78] C&rsquo;est pourquoi il est &eacute;vident, qu&rsquo;au sujet du sacerdoce, la th&eacute;ologie de Calvin se s&eacute;pare radicalement de l&rsquo;enseignement de l&rsquo;Eglise institutionnelle.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tCalvin souligne que Christ est le M&eacute;diateur et que, &agrave; travers l&rsquo;&oelig;uvre de Christ, les croyants offrent des sacrifices au P&egrave;re. [79] Pour Calvin, Christ est le Souverain Sacrificateur qui, apr&egrave;s &ecirc;tre entr&eacute; dans le sanctuaire c&eacute;leste, y donne acc&egrave;s aux croyants. En outre, Christ est l&rsquo;autel sur lequel les croyants d&eacute;posent leurs dons. Tout ce que les croyants tentent de faire, ils peuvent le faire en Christ, car Il nous a fait &laquo; rois et pr&ecirc;tres pour Dieu, son P&egrave;re &raquo; (Ap. 1 :6). [80] Calvin continue &agrave; souligner que chaque chr&eacute;tien est mandat&eacute; de repr&eacute;senter Christ, dans son effort d&rsquo;atteindre et de sauver le monde. Par cons&eacute;quent, pour Calvin, ce mandat n&rsquo;est pas un droit sur lequel les croyants peuvent se reposer. C&rsquo;est une commission qui envoie des croyants dans le monde, afin d&rsquo;exercer un minist&egrave;re sacerdotal, non seulement envers la communaut&eacute; chr&eacute;tienne, mais aussi envers d&rsquo;autres. Un tel minist&egrave;re sacerdotal ne s&rsquo;exerce pas &agrave; la place de Christ, mais pour Christ et sur son ordre. [81]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tLe sacerdoce de tous les croyants, selon Calvin, n&rsquo;est pas seulement un privil&egrave;ge spirituel. C&rsquo;est aussi le devoir moral et la vocation personnelle de chaque croyant. Selon Calvin, l&rsquo;Eglise tout enti&egrave;re est un sacerdoce, non seulement les soi-disant ministres ordonn&eacute;s. [82] Il montre que les paroles de Pierre : &laquo; Vous &ecirc;tes une race &eacute;lue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis &raquo; (1 Pi. 2:9) &eacute;taient donn&eacute;es &agrave; l&rsquo;Eglise enti&egrave;re. Cependant, le sacerdoce catholique enseigne, que ces paroles &eacute;taient adress&eacute;es seulement &agrave; eux, et qu&rsquo;ils &eacute;taient, eux seuls, rachet&eacute;s par le sang de Christ, qu&rsquo;eux seuls, &eacute;taient faits, par Christ, rois et pr&ecirc;tres pour Dieu. [83] Son effort de montrer aux la&iuml;cs la r&eacute;alit&eacute; de leur &eacute;lection &eacute;tait le r&eacute;sultat du &laquo; sacerdoce universel des croyants&raquo;. [84] Il croyait que dans le sacerdoce de Christ, les croyants sont re&ccedil;us par Dieu, dans la fonction de pr&ecirc;tre. [85] Calvin &eacute;tait d&rsquo;accord avec d&rsquo;autres dirigeants du d&eacute;but de l&rsquo;&eacute;poque de la R&eacute;forme, concernant les enseignements th&eacute;ologiques fondamentaux. Ces enseignements incluent la sup&eacute;riorit&eacute; de la foi, par rapport aux bonnes &oelig;uvres, la Bible comme la base de tout enseignement chr&eacute;tien, et le sacerdoce universel de tous les croyants. [86]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tEn r&eacute;sum&eacute;, la conception de Calvin du sacerdoce universel souligne que tous les croyants sont consid&eacute;r&eacute;s comme pr&ecirc;tres. [87] Il semble que cette conception &eacute;tait la r&eacute;action de Calvin &agrave; l&rsquo;Eglise Catholique Romaine qui imposait des rangs diff&eacute;rents parmi les pr&ecirc;tres. Cette hi&eacute;rarchie de pr&ecirc;tres cr&eacute;ait une s&eacute;paration entre clerg&eacute; et la&iuml;cs. La vision th&eacute;ologique de Calvin souligne qu&rsquo;il ne faut pas consid&eacute;rer le sacerdoce de tous les croyants comme un petit sentier, mais comme une route tr&egrave;s fr&eacute;quent&eacute;e par tous les croyants. Selon lui, le sacerdoce universel d&eacute;coule du sacerdoce de Christ. [88] Le minist&egrave;re du sacerdoce appartient &agrave; toute l&rsquo;Eglise. [89] Le concept du sacerdoce universel trouve son expression dans l&rsquo;adoration, l&rsquo;intercession, le t&eacute;moignage, et dans le service rendu &agrave; la communaut&eacute;. [90]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tSelon l&rsquo;enseignement de Calvin, le sacerdoce de tous les croyants demande la participation de toute la communaut&eacute; au minist&egrave;re de Christ. Confesser le nom de Christ devant d&rsquo;autres, c&rsquo;est la t&acirc;che proph&eacute;tique du croyant. Prier pour leur salut, c&rsquo;est la t&acirc;che du pr&ecirc;tre. Faire des disciples, c&rsquo;est la t&acirc;che royale des croyants. Evidemment, la conception de Calvin du sacerdoce universel fournit au minist&egrave;re une base th&eacute;ologique. En outre, sa formulation du concept encourage chaque membre du corps de Christ &agrave; participer au minist&egrave;re. [91]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tCoh&eacute;rence th&eacute;ologique de Luther et de Calvin, quant au sacerdoce de tous les croyants\n<\/p>\n<p>\n\tPour Calvin, Christ, &eacute;tant Souverain Sacrificateur, est le point de rep&egrave;re pour le sacerdoce universel des croyants. C&rsquo;est par le sacerdoce de Christ que les croyants sont rendus pr&ecirc;tres. Ainsi, Calvin insiste clairement sur ce que le sacerdoce du croyant d&eacute;pend du sacerdoce de Christ. [92] De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, Luther base le concept du sacerdoce de tous les croyants sur la th&eacute;ologie de la gr&acirc;ce et du salut par la foi. Pour Luther, les croyants ont un bapt&ecirc;me, un Evangile, et une m&ecirc;me foi. C&rsquo;est seulement par le bapt&ecirc;me, l&rsquo;Evangile et la foi que les croyants deviennent pr&ecirc;tres. Ainsi, le sacerdoce de tous les croyants est rendu possible, par le don de la gr&acirc;ce et du salut pour tous, par la foi. [93]\n<\/p>\n<p>\n\tCalvin et Luther ont, tous les deux, mis l&rsquo;accent sur le minist&egrave;re du clerg&eacute;. Ils le consid&eacute;raient comme un &laquo; minist&egrave;re sp&eacute;cial &raquo;, comme celui des la&iuml;cs, bas&eacute; sur les dons que le Saint-Esprit donne librement &agrave; tous les chr&eacute;tiens. Ce qui importe n&rsquo;est pas que les la&iuml;cs soient exclus du privil&egrave;ge de pr&ecirc;cher et d&rsquo;administrer les sacrements, mais plut&ocirc;t, que l&rsquo;Eglise puisse remplir ces fonctions d&rsquo;une mani&egrave;re ordonn&eacute;e. [94] Des ministres &eacute;taient mis &agrave; part pour servir l&rsquo;Eglise, non comme &eacute;tant au-dessus de la congr&eacute;gation, mais dans le cadre du sacerdoce universel. [95]\n<\/p>\n<p>\n\tCalvin soulignait l&rsquo;importance de la communaut&eacute; dans les affaires de la foi et de la pratique. Il se r&eacute;alisait que le jugement individuel non contr&ocirc;l&eacute; m&egrave;ne au subjectivisme, &agrave; l&rsquo;excentricit&eacute;, &agrave; l&rsquo;anarchie et au chaos. C&rsquo;est pourquoi, les croyants ne doivent pas d&eacute;valoriser le sacerdoce universel en l&rsquo;&eacute;galisant &agrave; l&rsquo;individualisme moderne, ou au minimalisme th&eacute;ologique. [96]\n<\/p>\n<p>\n\tDe la m&ecirc;me mani&egrave;re, le concept formul&eacute; par Luther met aussi l&rsquo;accent sur la communaut&eacute; des saints. Pour Luther, des croyants individuels ne peuvent pas &ecirc;tre leur propre pr&ecirc;tre, mais ils sont pr&ecirc;tres les uns des autres. C&rsquo;est pourquoi selon Luther, le concept du sacerdoce de tous les croyants ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas &agrave; l&rsquo;individu. [97] L&rsquo;accent sur la communaut&eacute; des saints est un &eacute;l&eacute;ment essentiel du concept du sacerdoce universel comme formul&eacute; par Luther et Calvin. Cyril Eastwood remarque que l&rsquo;emploi de l&rsquo;expression &laquo; sacerdoce des croyants &raquo;, comme &eacute;tant synonyme de &laquo; jugement priv&eacute; &raquo;, est certainement une d&eacute;formation tr&egrave;s regrettable. &laquo; Le jugement priv&eacute; &raquo; est toujours contr&ocirc;l&eacute;, v&eacute;rifi&eacute; et confirm&eacute; par le t&eacute;moignage de toute la congr&eacute;gation. [98] De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, Grenz remarque que la conception de Luther met en relief une exp&eacute;rience personnelle avec Dieu. [99] Ceci semble contredire la remarque pr&eacute;c&eacute;dente d&rsquo;Eastwood. Pourtant, Grenz souligne aussi que l&rsquo;identit&eacute; individuelle de chaque personne consistait en fonctionnant, en contribuant au groupe, et en tirant son identit&eacute; de ce groupe. [100] Selon Luther et de Calvin, le contexte de la communaut&eacute; chr&eacute;tienne reste donc important.\n<\/p>\n<p>\n\tLuther et Calvin ont fait preuve de coh&eacute;rence, dans leurs formulations th&eacute;ologiques, que la communaut&eacute; des croyants est un sacerdoce. Ce sacerdoce diff&egrave;re essentiellement du cl&eacute;ricalisme hi&eacute;rarchique de l&rsquo;Eglise Catholique. Le sacerdoce des croyants est une fonction et un privil&egrave;ge spirituel. C&rsquo;est aussi un devoir moral et une vocation personnelle que chaque croyant doit remplir. [101] Selon la formulation du concept par Luther et Calvin, tous les chr&eacute;tiens ont la m&ecirc;me vocation et position spirituelle. Chaque croyant est incorpor&eacute; dans le sacerdoce par le bapt&ecirc;me. Les croyants ont acc&egrave;s imm&eacute;diat &agrave; Dieu et n&rsquo;ont pas besoin de m&eacute;diateurs, sauf Christ. Les croyants ont la fonction de sacrificateur qui s&rsquo;exprime par leur cons&eacute;cration personnelle, dans l&rsquo;ob&eacute;issance &agrave; Christ.\n<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est pourquoi, tous les croyants ont les m&ecirc;mes privil&egrave;ges et responsabilit&eacute;s comme le peuple rachet&eacute; de Dieu. De tels privil&egrave;ges et responsabilit&eacute;s &eacute;taient auparavant regard&eacute;s comme la propri&eacute;t&eacute; exclusive du sacerdoce hi&eacute;rarchique. Ces enseignements &eacute;taient combattus par les principaux r&eacute;formateurs. Pendant la R&eacute;forme, la th&eacute;ologie et la pratique de la religion &eacute;tablie ont donc, en Luther et Calvin, rencontr&eacute; les critiques th&eacute;ologiques les plus formidables. Le concept du sacerdoce de tous les croyants est une partie pr&eacute;cieuse et irr&eacute;ductible de l&rsquo;h&eacute;ritage de la R&eacute;forme. C&rsquo;est un appel au minist&egrave;re et au service. C&rsquo;est un crit&egrave;re de la qualit&eacute; de vie de tous les croyants dans le corps de Christ, et de la coh&eacute;rence de leur t&eacute;moignage dans le monde. [102]\n<\/p>\n<p>\n\tStanley Grenz affirme que les r&eacute;formateurs n&rsquo;ont pas invent&eacute; l&rsquo;id&eacute;e du sacerdoce des croyants. Leur enseignement vient directement du Nouveau Testament. L&rsquo;Ecriture parle de tous les croyants comme &eacute;tant pr&ecirc;tres (1 Pi. 2:5 ; Ap.1:6 ; 5:10 ; 20:6) qui, par Christ, peuvent s&rsquo;approcher du tr&ocirc;ne de la gr&acirc;ce (H&eacute;. 4:15-16 ; 10:19-20). Les croyants ne doivent accepter aucune hi&eacute;rarchie m&eacute;diatrice exclusive parmi eux (Mt. 23:8-12 ; Mc. 10:42-44 ; 1 Ti. 2:5). Chaque croyant a le privil&egrave;ge et la responsabilit&eacute; d&rsquo;exercer des fonctions sacerdotales, comme celle d&rsquo;offrir &agrave; Dieu des sacrifices spirituels (H&eacute;. 13:15 ; Ro. 12:1 ; 1 Pi. 2:9) et d&rsquo;interc&eacute;der pour les autres (1 Ti. 2:1-2 ; 2 Th. 3:1 ; Ja. 5:15). [103]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le &laquo; sacerdoce de tous les croyants &raquo; &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLe sacerdoce de tous les croyants, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne, fait partie d&rsquo;une &eacute;tude th&eacute;ologique, dans le domaine de l&rsquo;eccl&eacute;siologie et celui de la communaut&eacute; chr&eacute;tienne universelle. Dans les pages pr&eacute;c&eacute;dentes, on a remarqu&eacute; qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;poque de la R&eacute;forme, il y avait des controverses autour de la position et des fonctions des la&iuml;cs. A l&rsquo;&eacute;poque moderne cependant, il est important de noter que les Eglises manifestent plus d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour la position des la&iuml;cs. Dans l&rsquo;histoire, les la&iuml;cs &eacute;taient marginalis&eacute;s par l&rsquo;Eglise. Mais, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne, il appara&icirc;t que leur position et leurs fonctions sont de plus en plus reconnues. [104] Par rapport au concept du sacerdoce de tous les croyants, le souci grandissant de r&eacute;tablir la position et les fonctions des la&iuml;cs est un d&eacute;veloppement positif. En outre, le d&eacute;veloppement indique que l&rsquo;Eglise institutionnelle, qui s&rsquo;&eacute;tait jadis oppos&eacute;e au sacerdoce universel, affirme maintenant, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne, l&rsquo;authenticit&eacute; biblique du concept. Le contexte de l&rsquo;eccl&eacute;siologie et celui de la communaut&eacute; chr&eacute;tienne universelle fournissent un cadre pour la recherche du concept, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le &laquo; sacerdoce de tous les croyants &raquo; dans le contexte de l&rsquo;eccl&eacute;siologie<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tDes sp&eacute;cialistes modernes &eacute;tudient le concept du &laquo; sacerdoce de tous les croyants &raquo; dans le contexte de l&rsquo;eccl&eacute;siologie. Howard Snyder, par exemple, est convaincu que la th&eacute;ologie biblique ne peut exister sans l&rsquo;eccl&eacute;siologie biblique. [105] Cela indique pourquoi, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne, le concept est souvent exprim&eacute; &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur d&rsquo;une pr&eacute;misse th&eacute;ologique. Timothy George soutient cette affirmation que le sacerdoce des croyants fait en r&eacute;alit&eacute; partie de la doctrine de l&rsquo;Eglise. [106]\n<\/p>\n<p>\n\tComme dit avant, l&rsquo;Eglise est un sacerdoce universel. Les croyants en Christ sont pr&ecirc;tres, et tous ont donc un minist&egrave;re. Le sacerdoce universel, c&rsquo;est eux qui, par la repentance et la foi, ont &eacute;t&eacute; accept&eacute;s dans l&rsquo;alliance de la gr&acirc;ce et, par cons&eacute;quent, ont &eacute;t&eacute; fait participants au minist&egrave;re sacerdotal de leur M&eacute;diateur, J&eacute;sus-Christ. [107] La th&eacute;ologie du minist&egrave;re, bas&eacute;e sur le sacerdoce de tous les croyants, a ses origines dans les m&eacute;taphores de l&rsquo;Eglise, si souvent employ&eacute;es &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne : le peuple de Dieu, le corps de Christ, et le temple du Saint-Esprit. Ces m&eacute;taphores expriment l&rsquo;identit&eacute; et l&rsquo;unit&eacute; de l&rsquo;ensemble des croyants en Christ comme pr&ecirc;tres.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le peuple de Dieu<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Eglise est le peuple de Dieu. [108] Hans K&uuml;ng, par exemple, affirme que tous les croyants, fondamentalement sur un pied d&rsquo;&eacute;galit&eacute;, constituent l&rsquo;Eglise et sont membres du peuple de Dieu. [109] Selon K&uuml;ng, le peuple de Dieu tout entier doit &ecirc;tre un sacerdoce, appartenant &agrave; Christ et partageant sa dignit&eacute;. K&uuml;ng souligne que tous les croyants en Christ, de toutes les nations, appartiennent maintenant au peuple sacerdotal de Dieu. [110]\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;adh&eacute;sion au peuple de Dieu va plus loin qu&rsquo;un groupe ethnique particulier. Les croyants en Christ du monde entier sont appel&eacute;s &agrave; appartenir &agrave; Dieu. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Eglise, comme peuple de Dieu, est une communaut&eacute; internationale compos&eacute;e de membres venant de &laquo; toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation &raquo; (Ap. 5:9). [111]\n<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;&eacute;poque moderne, les th&eacute;ologiens se soucient de l&rsquo;unit&eacute; visible de l&rsquo;Eglise. Mais, l&rsquo;adh&eacute;sion &agrave; l&rsquo;Eglise, le corps de Christ, et non l&rsquo;adh&eacute;sion &agrave; l&rsquo;une ou l&rsquo;autre d&eacute;nomination, constitue l&rsquo;identit&eacute; fondamentale du peuple de Dieu. [112] L&rsquo;appartenance au &laquo; peuple de Dieu &raquo; n&rsquo;est pas le r&eacute;sultat d&rsquo;un effort d&rsquo;&ecirc;tre accept&eacute;, mais elle est le r&eacute;sultat d&rsquo;avoir librement re&ccedil;u l&rsquo;amour de Dieu. [113] Snyder r&eacute;p&egrave;te une id&eacute;e similaire, disant que l&rsquo;Eglise est essentiellement la communaut&eacute; du peuple de Dieu. Une organisation, la foi biblique, un programme, ou des b&acirc;timents, ce sont seulement des &eacute;l&eacute;ments qui composent l&rsquo;Eglise. [114] Grimes consid&egrave;re ces &eacute;l&eacute;ments comme un &laquo; cadre &raquo; dans lequel se voient les fonctions modernes de l&rsquo;Eglise. [115] Par la foi en Christ, les croyants deviennent le vrai peuple de Dieu. &laquo; Autrefois, vous n&rsquo;&eacute;tiez pas un peuple, et maintenant vous &ecirc;tes le peuple de Dieu &raquo; (1 Pi. 2:10). En accord avec les affirmations tir&eacute;es de l&rsquo;histoire, les croyants sont regard&eacute;s comme le peuple de Dieu. Ind&eacute;pendamment de leur race, les croyants en Christ sont devenus le peuple propre de Dieu (2 Co. 6:16-18 ; Ro. 9:6 ; 23-25). [116]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le corps de Christ<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Eglise est le corps de Christ. [117] Christ est la t&ecirc;te du corps. C&rsquo;est pourquoi, l&rsquo;Eglise lui est inconditionnellement soumise. En tant que chef, Christ doit &ecirc;tre con&ccedil;u comme la source de vie du croyant et comme celui qui fortifie tout le corps. [118] Les membres du corps de Christ sont importants et ont chacun un r&ocirc;le &agrave; jouer. Donc, chaque croyant est important, pas seulement quelques membres sp&eacute;cialement distingu&eacute;s.\n<\/p>\n<p>\n\tSur la base de leur &eacute;galit&eacute; fondamentale, tous les membres poss&egrave;dent la m&ecirc;me dignit&eacute;, ainsi que des fonctions. [119] Gr&acirc;ce &agrave; la connaissance et &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience de J&eacute;sus, chaque croyant est plac&eacute; dans le corps de Christ, l&rsquo;Eglise. Gr&acirc;ce au sacerdoce de Christ, l&rsquo;Eglise elle-m&ecirc;me est devenue un sacerdoce. Le sacerdoce de J&eacute;sus-Christ a &eacute;t&eacute; &eacute;largi pour inclure tous les croyants. Chaque croyant dans l&rsquo;Eglise, tout le peuple de Dieu, appartient au sacerdoce. [120] Winston Pearce affirme que chacun, qui a volontairement cru en Christ, est incorpor&eacute; dans le corps de Christ, dans le sacerdoce. [121] De m&ecirc;me, Grenz tient que le minist&egrave;re du sacerdoce appartient &agrave; tous. Comme membre du corps de Christ, chacun a conclu une alliance avec la t&ecirc;te, en acceptant les bienfaits et les obligations. [122]\n<\/p>\n<p>\n\tChaque croyant a des fonctions claires et irrempla&ccedil;ables dans la totalit&eacute; du corps. Ceci indique une sorte de collectivisme qui combat l&rsquo;imp&eacute;rialisme de l&rsquo;Eglise. L&rsquo;Eglise ne peut donc pas &ecirc;tre con&ccedil;ue comme &eacute;tant constitu&eacute;e de quelques membres &eacute;litistes. Comme membre du corps de Christ, chacun est important. Il n&rsquo;y a pas de premi&egrave;re et deuxi&egrave;me cat&eacute;gories de membres dans le corps de Christ. [123]\n<\/p>\n<p>\n\tLes croyants sont unis avec Christ comme t&ecirc;te du corps (Col. 2:18-19). En tant que corps de Christ, les croyants sont aussi en rapport les uns avec les autres (1 Co. 12:12). De plus, chaque croyant contribue quelque chose aux autres (Ep. 4:14-16 ; Ga. 6:2). C&rsquo;est pourquoi, les croyants en Christ sont un ensemble unifi&eacute; et universel. L&rsquo;adh&eacute;sion &agrave; cet ensemble exclue des qualifications de race ou de nationalit&eacute; (Col. 3 :11). [124]\n<\/p>\n<p>\n\tLes sp&eacute;cialistes modernes citent plusieurs versets bibliques soulignant que l&rsquo;Eglise est le corps de Christ. De tels textes incluent 1 Corinthiens 12:13 parlant &laquo; d&rsquo;un seul corps &raquo;. Eph&eacute;siens 2:16 et 4:4, en parlant &laquo; d&rsquo;un seul corps &raquo;, fait express&eacute;ment allusion au &laquo; corps de Christ &raquo;. 1 Corinthiens 12:27 et Eph&eacute;siens 4:12 confirment davantage cette id&eacute;e. Louis Berkhof regarde m&ecirc;me cette m&eacute;taphore comme une d&eacute;finition compl&egrave;te de l&rsquo;Eglise. [125]\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le temple de l&rsquo;Esprit<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Eglise est le temple du Saint-Esprit. [126] Cette m&eacute;taphore souligne que le corps des croyants est devenu un temple de Dieu, parce que l&rsquo;Esprit de Dieu habite en eux. Comme un temple de Dieu, le croyant est saint ; il, ou elle, appartient &agrave; Dieu. Le peuple de Dieu, comme corps unifi&eacute;, est une maison spirituelle (1 Pi. 2:5 ; Ep. 2:22) et une habitation du Saint-Esprit (1 Co. 3:16 ; 6:19). [127]\n<\/p>\n<p>\n\tDieu est en train de construire un saint temple de dimensions universelles, comme habitation du Saint-Esprit. Etant une maison spirituelle, l&rsquo;Eglise souligne le caract&egrave;re du peuple de Dieu : un saint sacerdoce. [128] Comme temple du Saint-Esprit, les croyants sont conduits, enseign&eacute;s, et soutenus directement par le Saint-Esprit, sans autre m&eacute;diation.\n<\/p>\n<p>\n\tLe Saint-Esprit &eacute;tait donn&eacute;, non seulement &agrave; quelques uns, mais &agrave; toute la communaut&eacute; sacerdotale. Le peuple tout entier, rempli du Saint-Esprit, est un sacerdoce. Le Saint-Esprit vivifie et fortifie le temple, &agrave; travers des croyants individuels. [129] Grenz conclut que la pr&eacute;sence de Dieu n&rsquo;est plus concentr&eacute;e dans un b&acirc;timent sp&eacute;cial, mais dans l&rsquo;assembl&eacute;e de son peuple. [130] L&rsquo;Eglise est habit&eacute;e par le Saint-Esprit, les croyants individuels comme le corps tout entier. [131] Ce n&rsquo;est plus le b&acirc;timent qui est regard&eacute; comme la maison de Dieu, mais les croyants en Christ. Le b&acirc;timent, bien qu&rsquo;important, n&rsquo;est plus appel&eacute; &laquo; un lieu sacr&eacute; &raquo;, c&rsquo;est plut&ocirc;t les croyants, qui sont appel&eacute;s &agrave; &ecirc;tre un peuple saint. Dieu veut habiter dans son peuple, justement appel&eacute; le temple du Saint-Esprit (1 Co. 3:16). [132] Les trois m&eacute;taphores, pr&eacute;sent&eacute;es ci-dessus, mettent l&rsquo;accent sur un corps unifi&eacute; de croyants qui appartiennent &agrave; Dieu, et qui en tant que pr&ecirc;tres, poss&egrave;dent une m&ecirc;me position, dignit&eacute;, et responsabilit&eacute;. Les trois m&eacute;taphores d&eacute;finissent donc le concept du sacerdoce des croyants, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne. De plus, ces m&eacute;taphores d&eacute;crivent l&rsquo;identit&eacute; et l&rsquo;unit&eacute; des croyants en Christ, sans aucune trace de distinction hi&eacute;rarchique. Donc, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne, le concept du sacerdoce de tous les croyants est confirm&eacute;, dans le contexte de l&rsquo;eccl&eacute;siologie.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le &laquo; sacerdoce de tous les chr&eacute;tiens &raquo; dans le contexte de la communaut&eacute; chr&eacute;tienne universelle<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLe concept du sacerdoce de tous les croyants est &eacute;vident dans le contexte de la communaut&eacute; chr&eacute;tienne universelle. En localisant le sacerdoce des croyants dans le contexte de la communaut&eacute; chr&eacute;tienne universelle, les cat&eacute;gories suivantes sont employ&eacute;es : l&rsquo;identit&eacute; unifi&eacute;e, la responsabilit&eacute; commune, l&rsquo;applicabilit&eacute; mondiale, la viabilit&eacute; minist&eacute;rielle et la diversit&eacute; m&eacute;thodologique.\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;identit&eacute; unifi&eacute;e\n<\/p>\n<p>\n\tComme soulign&eacute; avant, l&rsquo;identit&eacute; des croyants est exprim&eacute;e dans l&rsquo;Ecriture comme &laquo; le peuple de Dieu &raquo; et &laquo; un sacerdoce royal &raquo;. Ceci est une identit&eacute; unifi&eacute;e qui parle de la communaut&eacute; enti&egrave;re des croyants, et qui indique l&rsquo;absence d&rsquo;une dichotomie dans le corps. [133] Le caract&egrave;re distinctif biblique des croyants, affirm&eacute; &agrave; travers l&rsquo;histoire, reste normatif, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne. [134]\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;image des croyants en Christ n&rsquo;est pas celle de deux groupes s&eacute;par&eacute;s&mdash;le &laquo; clerg&eacute; professionnel &raquo; et les &laquo; la&iuml;cs ordinaires &raquo;, mais plut&ocirc;t celle d&rsquo;un seul peuple de Dieu. La dichotomie &laquo; clerg&eacute;-la&iuml;cs &raquo; &eacute;tait un d&eacute;veloppement ind&eacute;sirable dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;Eglise. Il a marqu&eacute; une d&eacute;viation de la fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la Bible. [135] L&rsquo;affirmation de l&rsquo;identit&eacute; des croyants comme pr&ecirc;tres, est essentielle pour la conception moderne de la communaut&eacute; chr&eacute;tienne. Cela ressemble aux formulations de Luther [136] et de Calvin [137], que l&rsquo;Eglise est une assembl&eacute;e de croyants qui sont pr&ecirc;tres, appel&eacute;s de Dieu pour servir dans le monde.\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;accent est sur l&rsquo;identit&eacute; unifi&eacute;e de la communaut&eacute; chr&eacute;tienne universelle. L&rsquo;Importance du croyant individuel se base surtout sur le r&ocirc;le de la personne, comme microcosme de l&rsquo;ensemble, et comme un &eacute;l&eacute;ment qui fonctionne dans cet ensemble. Selon cette affirmation, l&rsquo;identit&eacute; personnelle provient du groupe, de l&rsquo;identit&eacute; unifi&eacute;e des croyants &eacute;tant pr&ecirc;tres. [138]\n<\/p>\n<p>\n\tLa responsabilit&eacute; commune\n<\/p>\n<p>\n\tLa vocation divine de la communaut&eacute; des croyants est toujours un concept collectif. Il contient un &eacute;l&eacute;ment tr&egrave;s personnel, mais il n&rsquo;est jamais un individualisme isol&eacute;. Chaque croyant doit fonctionner comme un &eacute;l&eacute;ment fid&egrave;le et responsable de la communaut&eacute; (Ep. 2:19 s ; Ro. 12:4). [139] Cela parle d&rsquo;une implication personnelle de l&rsquo;appel de Dieu, qui est adress&eacute; &agrave; l&rsquo;ensemble du peuple de Dieu. Evidemment, ce qui est vrai pour l&rsquo;ensemble du peuple de Dieu, en tant que communaut&eacute;, est &eacute;galement vrai pour tous ses membres. [140] Selon cette consid&eacute;ration, la signification de la responsabilit&eacute; est r&eacute;duite, quand la communaut&eacute; diminue les privil&egrave;ges de chaque membre. [141] De la m&ecirc;me mani&egrave;re, sans insistance sur la responsabilit&eacute;, l&rsquo;effet du privil&egrave;ge est entrav&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;&eacute;poque moderne, les chr&eacute;tiens se trouvent devant la n&eacute;cessit&eacute; de r&eacute;fl&eacute;chir sur la v&eacute;rit&eacute; du sacerdoce de tout le peuple de Dieu. Chaque chr&eacute;tien est pr&ecirc;tre et, par cons&eacute;quent, chacun est appel&eacute; au minist&egrave;re. [142] Les dons du Saint-Esprit sont donn&eacute;s pour le minist&egrave;re, &agrave; tout le peuple comme &eacute;tant le sacerdoce de Dieu. [143]\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;autorit&eacute; de baptiser est donn&eacute;e &agrave; l&rsquo;Eglise enti&egrave;re. Chaque chr&eacute;tien a donc le pouvoir de baptiser. M&ecirc;me la c&eacute;l&eacute;bration de la Sainte C&egrave;ne est une responsabilit&eacute; donn&eacute;e &agrave; toute l&rsquo;Eglise. Chaque chr&eacute;tien est autoris&eacute; de participer activement &agrave; servir la Sainte C&egrave;ne. [144]\n<\/p>\n<p>\n\tLawrence Richards et Gilbert Martin affirment que, le manque d&rsquo;insister sur la position spirituelle et la responsabilit&eacute; de chaque croyant, est une raison de l&rsquo;&eacute;chec de l&rsquo;Eglise, en essayant d&rsquo;atteindre le monde avec l&rsquo;Evangile. [145]\n<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;&eacute;poque moderne, il est compris que chaque croyant est pasteur, serviteur et pr&ecirc;tre de Dieu. Chaque croyant est appel&eacute; au minist&egrave;re et tout le peuple de Dieu doit &ecirc;tre pr&eacute;par&eacute; pour le minist&egrave;re. [146]\n<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;&eacute;poque moderne, le concept du sacerdoce des croyants va plus loin que l&rsquo;exp&eacute;rience d&rsquo;un privil&egrave;ge personnel et de la libert&eacute;. Il comprend aussi la responsabilit&eacute; et l&rsquo;attitude de servir. [147]\n<\/p>\n<p>\n\tMoltmann affirme que la communaut&eacute; des baptis&eacute;s est le peuple appel&eacute;. Tous sont appel&eacute;s et mandat&eacute;s pour la vie &eacute;ternelle, la gloire du royaume et la communion messianique. Tous sont charg&eacute;s de vivre dans la pr&eacute;sence messianique de cet avenir eschatologique, et d&rsquo;en rendre t&eacute;moignage. Il n&rsquo;y a pas de divisions distinctives dans le corps des croyants, parce que l&rsquo;appel de Dieu n&rsquo;est pas adress&eacute; &agrave; quelques uns, mais &agrave; tous les croyants. [148] Tous les croyants ont re&ccedil;u des dons. [149] Cette v&eacute;rit&eacute; devient sp&eacute;cialement claire, quand des th&eacute;ologiens font des recherches au sujet du concept du sacerdoce de tous les croyants. Le Nouveau Testament emploie le terme &laquo; pr&ecirc;tre &raquo;, mais il n&rsquo;implique aucune classe sacerdotale particuli&egrave;re. La m&ecirc;me id&eacute;e est affirm&eacute;e, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne, par des th&eacute;ologiens comme, parmi d&rsquo;autres, Moltmann et Erickson. [150]\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;applicabilit&eacute; mondiale\n<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;&eacute;poque moderne, le concept du sacerdoce de tous les croyants met l&rsquo;accent sur l&rsquo;applicabilit&eacute; mondiale. [151] A l&rsquo;&eacute;poque moderne, des travaux th&eacute;ologiques emploient des paradigmes mondialis&eacute;s. Pannenberg, par exemple, affirme que chaque th&eacute;ologien, en accomplissant sa t&acirc;che th&eacute;ologique dans son contexte particulier, devrait penser &agrave; la communaut&eacute; chr&eacute;tienne mondiale. Le th&eacute;ologien doit faire attention de ne pas &ecirc;tre pris dans la particularit&eacute; de ce contexte, mais il doit exprimer ce qui est universellement vrai. [152] Alors, le concept du sacerdoce de tous les croyants est une v&eacute;rit&eacute; universelle, qui peut &ecirc;tre appliqu&eacute;e &agrave; un contexte local. Par cons&eacute;quent, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des dimensions diff&eacute;rentes de la cr&eacute;ation de Dieu, chaque domaine fournit la possibilit&eacute; d&rsquo;appliquer le sacerdoce des croyants. Cela veut dire que les croyants ont des contributions positives &agrave; fournir &agrave; la culture, partout o&ugrave; ils sont plac&eacute;s par Dieu. [153]\n<\/p>\n<p>\n\tDe nos jours, le concept du sacerdoce universel inclut l&rsquo;id&eacute;e que le peuple de Dieu s&rsquo;engage l&eacute;gitimement dans des activit&eacute;s culturelles. Saucy parle de l&rsquo;universalit&eacute; du minist&egrave;re, qui manifeste la beaut&eacute; et l&rsquo;harmonie de la cr&eacute;ation de Dieu. [154] Ainsi, l&rsquo;appel minist&eacute;riel du peuple de Dieu inclut toute bonne &oelig;uvre qui glorifie Dieu.\n<\/p>\n<p>\n\tTous les domaines de la vie offrent de bonnes occasions de service sacr&eacute;. [155] Gr&acirc;ce &agrave; cette conception, la distinction th&eacute;orique entre &laquo; religieux &raquo; et &laquo; s&eacute;culier &raquo; peut &eacute;ventuellement dispara&icirc;tre. Cela peut se produire, lorsque des croyants de notre temps deviennent plus conscients de l&rsquo;appel de Dieu, en utilisant la capacit&eacute; que Dieu leur a donn&eacute;e, pour servir dans leur propre sph&egrave;re d&rsquo;influence. Les &eacute;l&eacute;ments communs et personnels de l&rsquo;appel de Dieu demandent &agrave; chaque croyant de r&eacute;fl&eacute;chir de mani&egrave;re th&eacute;ologique, &agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; il se trouve, mais dans une perspective mondiale. [156]\n<\/p>\n<p>\n\tChaque endroit o&ugrave; se trouve un croyant, est un lieu de minist&egrave;re. Cela veut dire que chaque activit&eacute; du peuple de Dieu dans le monde, dans le domaine publique ou priv&eacute;, , social ou politique, travail ou loisirs est une activit&eacute; religieuse. [157] Des mouvements chr&eacute;tiens modernes reconnaissent le concept d&rsquo;un minist&egrave;re qui implique chaque croyant dans le service de Christ, non seulement dans son &eacute;glise locale, mais aussi au march&eacute; et dans un contexte mondial. [158] Le minist&egrave;re d&rsquo;une telle communaut&eacute; est accompli dans le monde. Il se passe dans la vie quotidienne des croyants, dans leur participation &agrave; une soci&eacute;t&eacute; complexe, dans leur ob&eacute;issance totale dans les &laquo; affaires de ce monde &raquo;, dans leur mission dans le monde. Du point de vue th&eacute;ologique, cela veut dire que la participation des croyants d&eacute;passe le cadre de l&rsquo;&eacute;glise locale. [159] Comme dit avant, le concept est universel, mais l&rsquo;application du concept peut &ecirc;tre locale.\n<\/p>\n<p>\n\tViabilit&eacute; minist&eacute;rielle\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Eglise Catholique Romaine maintient la distinction hi&eacute;rarchique entre ordonn&eacute; et non ordonn&eacute;, en accord avec sa th&eacute;ologie de la succession apostolique. [160] Elle rejette la conception que l&rsquo;ordination sacramentelle est arriv&eacute;e plus tard dans l&rsquo;histoire, ce qui pourrait mener &agrave; la conclusion protestante qu&rsquo;une telle ordination n&rsquo;&eacute;tait que culturelle. [161]\n<\/p>\n<p>\n\tLe concept de l&rsquo;ordination sacramentelle dans l&rsquo;Eglise de Rome maintient la distinction hi&eacute;rarchique entre le clerg&eacute; et les la&iuml;cs. [162] Les &eacute;vang&eacute;liques combattent l&rsquo;id&eacute;e de l&rsquo;ordination sacramentelle dans la succession apostolique et une classe sacerdotale &agrave; part, avec des titres qui sugg&egrave;rent de l&rsquo;&eacute;litisme. [163] A l&rsquo;&eacute;poque moderne, des titres comme &laquo; R&eacute;v&eacute;rend &raquo; ou &laquo; Clerg&eacute; &raquo; et d&rsquo;autres, sont toujours employ&eacute;s. Ils continuent &agrave; faire allusion &agrave; la distinction traditionnelle hi&eacute;rarchique dont des traces se retrouvent m&ecirc;me chez les &eacute;vang&eacute;liques modernes. [164]\n<\/p>\n<p>\n\tJon Zens propose de soumettre l&rsquo;emploi de ces titres &agrave; une investigation th&eacute;ologique, parce qu&rsquo;ils ont tendance de renforcer des mod&egrave;les non bibliques. [165] Ces titres semblent difficiles &agrave; &eacute;viter parce qu&rsquo;ils sont enracin&eacute;s dans la culture. Quand-m&ecirc;me, suivant la suggestion de Jon Zens, il faut faire un effort conscient. [166] Continuer &agrave; employer de tels titres, cela emp&ecirc;che, dans une certaine mesure, les croyants d&rsquo;affirmer leur position de pr&ecirc;tre. [167] Selon le Nouveau Testament, il est &eacute;vident que les dirigeants prennent soin de l&rsquo;assembl&eacute;e des croyants. [168] D&rsquo;apr&egrave;s cet exemple, les dirigeants servent de catalyseur, en r&eacute;ponse &agrave; l&rsquo;appel divin au minist&egrave;re. Ils suivent l&rsquo;exemple de Christ, en acceptant le r&ocirc;le de serviteur qui conduit le peuple (laos) &agrave; la maturit&eacute; spirituelle et pr&eacute;pare les membres au minist&egrave;re. [169] Le peuple de Dieu, de son c&ocirc;t&eacute;, doit pr&eacute;parer d&rsquo;autres. Ainsi, le travail continue jusqu&rsquo;&agrave; ce que Christ revient. [170]\n<\/p>\n<p>\n\tMoltmann remarque que ceux qui font partie de la direction du minist&egrave;re, doivent r&eacute;sister &agrave; la tendance de rendre le minist&egrave;re toujours plus professionnel, et il insiste que le service du peuple de Dieu soit partag&eacute; par tous. [171] Cette suggestion affirme que tous les croyants sont appel&eacute;s au minist&egrave;re comme membres d&rsquo;un seul corps, ayant la m&ecirc;me position et la m&ecirc;me responsabilit&eacute;. [172] Le concept transmet donc l&rsquo;id&eacute;e de la viabilit&eacute; minist&eacute;rielle lorsque les dirigeants et tous les autres affirment leur vocation et acceptent leurs dons spirituels.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Sur l&rsquo;auteur Le Dr. Quir est pasteur responsable de l&rsquo;Eglise Evang&eacute;lique de l&rsquo;Alliance &agrave; Davao City, depuis 2003. 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